đŠââŹâ Je suis mon propre tombeau,
mon vampire que je laisse me dévorer.
Je crois que jâai mis la barre trop haut. Je me suis perdue dans des flots qui me font chavirer au moindre battement de mon cĆur. Jâavance en apnĂ©e, avec la crainte de mal faire, traĂźnant une ancre malgrĂ© moi. Jâai peur de ne pas ĂȘtre Ă la hauteur de mes espĂ©rances.
Je suis mon propre tombeau,
mon vampire que je laisse me dévorer,
â sans cris, sans combat,
Ă la merci dâun âmoiâ trop exigent, trop gourmand,
â et je coule.
Il y a cette fille, avec ses mots, qui trouve un chemin dans ma raison ; je me suis laissĂ©e emporter, comme elle, dans un Ă©lan de nouveautĂ©. Vouloir changer les choses, reprendre vie, ce nâest pas aussi simple. Je mây suis mal prise. Je voulais profiter de ma vie â lire, Ă©crire, Ă©tudier, jouer, trouver des musiques, parler avec ma meilleure amie, ĂȘtre amoureuse des instants â mais je nâai rĂ©coltĂ© quâun vide, une peur constante de ne pas pouvoir tout faire, dâĂȘtre tout Ă la fois. Lâamie, lâamoureuse, lâĂ©crivaineâŠ
Jâai ce brouillon, ce tableau de mes passions qui me nargue depuis des annĂ©es, et aujourdâhui, jâessaie de lâachever. Jâessaie de reprendre conscience de ce que jâaime, de me retrouver. De remonter Ă la surface. Mais câest compliquĂ©, parce que je veux tout faire, ne rien oublier â au risque de culpabiliser. Alors, comment faire ? Comment retrouver mon chemin ? Terrible question : est-ce que jâaime Ă©crire ? Moi qui me dis toujours « je dois faire ça » au lieu de « jâaimerais faire ça », comme si ce je dois Ă©tait une obligation pour ne pas perdre celle que je crois ĂȘtre, ou que je veux ĂȘtre.
â§Ë · . Laisse moi te garder, laisse-moi tâemporter Que mes mains te parcourent [âŠ] Je serai ton ombre, et ton pĂ©chĂ© â et le rouge de ton sang sera ma faim.
Je suis une maison en ruine, une forĂȘt sans fantĂŽme, perdue, Ă bout de souffle, souhaitant courir un marathon pour faire le plus de choses possibles â que je pense aimer ou non. Parce que jâai le temps. Parce que lâheure tourne. Et parce que je culpabilise de gaspiller mon temps, comme on gaspille de lâargent.
Alors, jâessaie de trouver des solutions, quelques rĂ©ponses que je dĂ©niche par-ci par-lĂ . Je suis un nĆud de questions que je rĂ©itĂšre tant de fois : est-ce que jâaime Ă©crire ? Oui. Mais quoi ? Des romans ? Non. Alors⊠oui, des nouvelles. Jâaime Ă©crire des instants brefs, mais impactants. Les romans, câest trop barbant, pourtant jâaimerais tant Ă©crire un univers de fantasy, mais je suis trop fatiguĂ©e. Ou alors⊠je me laisse me fatiguer, mâabandonner dans un grand sommeil. Parfois, je regrette mes rĂȘves, et mes mots.
Je suis tout et rien, je veux faire, mais non. Câest une anomalie qui empoisonne mon esprit. Et pour purifier ce mal, jâai cru que me lancer dans un challenge dâĂ©criture allait mâaider. Jâai Ă©tĂ© naĂŻve, terriblement. Je nâavance pas, je recule, alors que jâavais tout prĂ©parĂ©. Une petite liste dâidĂ©es dans laquelle piocher deux fois par semaine, rien dâinsurmontable, seulement moi et des mondes qui avaient dĂ©jĂ leur couleur dans mon esprit. Et pourtant, je nâai rien Ă©crit. Jâai regardĂ© cette liste, et je lâai abandonnĂ©e.
â§Ë · . Jâaime cet endroit et les reliques quâon y trouve, lâhistoire que ces vestiges pourraient raconter si on venait les rĂ©veiller. Jâaime ce monde et son rĂ©cit, mais malgrĂ© lâemerveillement qui rĂ©side en mon esprit, mon coeur se contracte, tĂ©rrifiĂ©, prĂȘt Ă bondir de mon corps pour me tuer.
Jâessaie de comprendre. Quelque chose, dans cette idĂ©e, mâa contrariĂ©e. Peut-ĂȘtre que je me sentais trop renfermĂ©e ? CoincĂ©e entre des univers qui, au final, Ă cet instant, ne mâintĂ©ressaient pas ? Câest toujours une plaie pour moi de savoir ce que jâaime quand on parle dâĂ©criture. Je ne sais jamais ce que je veux Ă©crire, et lorsque je trouve ce petit trĂ©sor, il se dĂ©robe Ă mon approche, comme empoisonnĂ©. Jâaime Ă©crire, mais Ă©crire me cause plus de mal que de bien. Alors, je change les rĂšgles. Jâabandonne mon ordinateur et je retrouve le confort du papier : lui, il ne mâagresse pas les yeux. Quelques phrases viennent, et dâautres disparaissent. Finalement, lâencre ne me va pas, et lâĂ©cran non plus. Câest un mensonge.
Les lettres qui sâimbriquent dans mon carnet, raturĂ©es ou non, forment de jolis bouts de phrases, parfois des paragraphes, que je collectionne comme des poĂšmes. Mais je nâarrive pas Ă maintenir la magie pour terminer un projet. Ăcrire dans mon carnet, toute une nouvelle, me semble impossible. Ăcrire sur mon ordinateur, toute une nouvelle, mâest possible, mais contraignant. Ă cause de lâĂ©cran, de la lumiĂšre, et de la peur de ratatiner mon cerveau. Vivre avec tant de contradictions â je veux faire ça, en fait non, mais au final oui â câest comme un rouge carmin et un bleu nuit qui se disputent les mĂȘmes tĂ©nĂšbres.
â§Ë · . Laisse-moi peindre ton nom sur mes lĂšvres. Alice.
Ce rouge me suit depuis quelques semaines, dans ma lecture, dans mes mots, dans le regard que je porte sur le monde. Parfois, il se dispute avec le bleu, celui qui berce mes nuits. Jâessaie dâavancer sur une nouvelle*, trĂšs, trĂšs, trĂšs lentement. Vraiment. De temps Ă autre, quelques conversations me viennent en tĂȘte, et dâautres fois, une phrase, puis deux, puis un paragraphe. Mais ce nâest pas assez, et je dĂ©teste ĂȘtre restreinte par mes angoisses, mon hypothĂ©tique flemme ou mes questions sur ce que jâaime faire ou non. Alors, jâattend.
âËàż Helly.K
mot de fin : ÌÌâ Tout ça, câest trĂšs brouillon, mais jâai besoin de cette page pour comprendre et essayer dâavancer. Alors, en toute sincĂ©ritĂ©, merci de me permettre dâĂȘtre moi dans ce petit bout du monde, de parler et de me questionner. MĂȘme si je radote.



