✨ || Je n'ai rien à écrire,
seulement du vent.
Aucun mot ne me vient, enfin si, mais aucun ne me satisfait, le vide oui. Je suis ce coyote perdu qui ne reconnais plus son art ; coeur malade qui préfére vivre de photos délavée, mots sans éclats.
Voici les rélféxions d'une autrice qui s'est égarée dans une galaxie lointaine, très lointaine. Voici un peu de mon espace, une brêche que je te partage.
Je veux écrire. Souvent, cette envie tenace me prend au dépourvue ; je regarde une série, j'enregistre une illustration ou je joue à la console, et elle survient. Alors, je l'exploite et je réfléchis aux personnages, à l'univers qui se développe en une fraction d'instants. Mais quelques idées plus loins, ce monde se fige dans l'espace de mon esprit et se fait aspirer. Coincer au loins, elle se débat et résiste ; je l'a vois, mais impossible de m'en saisir. Elle reste là, imparfaite et inexploitée.
Un nouveau monde survient. Se fait emporter et se consume, jusqu'au prochain. Je vie dans une constellation d'idées, toujours plus scientillante que la précédente ; mon esprit ne se pose jamais, mais ma plume reste en place. Vient alors la frustration, puis la colère.
༄*✩ Partie i : Idéalisation
Quand j'ai voulu stopper cette anomalie, ce blocage qui ne voulait jamais se défaire de moi, j'ai cherché des solutions en lisant des tonnes de publications de conseils qui, malgré leur bienveillance, ne m'ont jamais aidée. En voulant trouver des réponses, j'ai créé d'autres interrogations. Et en suivant des autrices sur les réseaux, je me suis embrumé l'esprit par l'envie d'être pareille. Voici venir les prémices de la jalousie : elles, qui semblaient avoir peu de lacunes, avancer sans faiblir, le chemin déjà illuminé. Le mien était semblable à une gravité artificielle.
J’ai jalousé une chimère, et j’en suis venue à me détester. Moi qui ne savais plus écrire, qui ne voulais plus, et qui en étais incapable.
*:・゚✧ Partie ii : Désilution
Progressivement, l’abîme qui aspirait mes idées s’en était lassé et venait me chercher ; paralysée, j’étais à la merci d’un trou noir. Je n’avais plus d’idées, plus d’envie, plus de force. J’en venais à regretter l’époque terrible — alors même que celle que je vivais actuellement était bien pire — où les idées foisonnaient facilement, mais disparaissaient dans le vide spatial. Mes mots s'était — et le sont toujours — coincé quelques part, perdu dans l'immensité. Je suffoquais sous l’angoisse de ne plus savoir écrire, d’être condamnée à l’horreur, perdue là où rien n’existe, ni ne peut. J’étais fatiguée de me débattre, alors j’ai préféré insulter ma passion en la remettant en question dès qu’un éclair d’espoir m’apparaissait.
Au fond, est-ce que j’aime vraiment écrire ?
Et si oui, est-ce que ça fait de moi une autrice ?
Même si je ne suis pas publiée ?
Je crois que je suis ça comme ça, quelqu'un qui ruminer et préfére s'embourber que de dire stop. Souffrir, pour ne pas creuser. Sur l’instant, c’est toujours facile.
Quand on aime autant quelque chose, qui finit cassé, on s’en veut de ne pas en avoir assez profité. Et plus que ça, j’ai commencé à éprouver de la culpabilité pour tous ces êtres créés qui ne verront jamais le jour. Créatrice de mondes, je me pensais égoïste. J’étais seule face à ce que je considérais comme mes erreurs.
✧˚ · . Partie iii : Illumination
J'ai pris des années à tenter de changer le cours de cette tragédie, de remodeller un destin que je m'avais infligé. Encore aujourd'hui, je construit ma barque en quête de mes mots, mais la rancoeur s'est atténué, et avec elle la culpabilité de ne pas être l'autrice que je pensais être — ou que je voulais être.
C'est peut-être naif, mais de l'amour né parmi le murmure des étoiles, il y a eu un déclic. Quelqu’un venait de me bousculer, de changer ma trajectoire, sans m’abandonner dans le vide. J’ai retrouvé la chaleur d’un foyer qu’on aime, et c’est un bonheur qui allège l’esprit.
J’ai conscience que nous avons tous des besoins différents. Dans mon cas, c’est d’être soutenue, guidée parfois — chose qui ne te sera peut-être pas utile. Mais malgré tout, je pense que tout être vivant, coyote, marin ou cosmonaute, a besoin d’une étoile du berger, un astre qui brille rien que pour nous.
Mais il n’empêche que le vide stellaire veut toujours me faire la peau. Il est juste moins violent, plus enclin à me laisser des pauses où je peux réfléchir à ma navigation. Dans ces moments de prélude, j’en profite pour calibrer mon voyage dans ce champ de doutes et de vide.
✧.* Partie iv : larguer les amarres*
J’apprends et je vagabonde en arrêtant de me prendre la tête. Surtout, j’agis par envie, pas par devoir. Oui, j’ai toujours du mal à écrire, mais j’ai cessé de m’en vouloir parce que je ne corresponds pas aux standards que j’ai voulu m’imposer. Puisque j’ai des tempêtes dans la tête, autant les prendre en compte et avancer avec elles. J’ai besoin de tâtonner et de me lancer en hyperespace sans culpabiliser. Cela ne fait pas de moi une novice ; ma plume est le reflet de mon âme, tout comme mes œuvres sont le reflet de mes humeurs.
Je suis l’épée qui venge, le coyote en quête d’un avenir, et l’astronaute solitaire ; tant de mondes m’habitent, qui ne peuvent être laissés pour compte.
Helly.K ✨
note de fin: Je vais commencer par te remercier de m’avoir lue — merci, bisous sur la patoune — malgré ma note d’encre aussi fouillis soit-elle, et qui ressemble à ma première. J’avais ce besoin de te partager ce brouillon. Peut-être t’es-tu retrouvée dans mes mots. Si c’est le cas, ne désespère jamais : ton art est bien trop précieux pour être abandonné. Et puis, écrire, ce n’est pas uniquement être publié. L’écriture peut se faire en secret, loin des regards, ou sans trame. Bref, autant se laisser porter.
larguer les amarres*: je ne savais absoluement pas comment nommer cette partie, soit.




Quel plaisir de te lire, en tout cas
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